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17 Mai 2012, St Pascal

LE MONDE DE RIC ROPEL

Paroi 7

 

 

Ko’loss

 

Depuis toujours, j’ai senti ça au plus profond en moi. Cette antipathie pour Na’zbr’Rok fait partie de moi. C’est comme pour certains, cette aversion qu’ils ont pour les Ki’ramp (insectes) et autres grosses Vah’pos (mygales cracheuses de venin) que l’on trouve entre les racines des arbres avant de les faire griller dans les braises. L’unique différence, c’est que les Vah’pos ne sont dangereuses que pour les maladroits et sont bonnes à manger, alors que Na’zbr’Rok était un danger pour tout le monde et je me demande si les bo’ches auraient eus plaisir à le dévorer… A voir Rok’hi perdre son temps à essayer de lui inculquer quelques rudiments de Ka’sta’gne, je bouillais intérieurement d’un sentiment incompris. Jamais il ne m’avait pris ainsi à l’écart pour m’enseigner quelque technique que ce soit. J’avais dû regarder et écouter avec les autres morb’chs pour apprendre ce que je savais de mon « grand chasseur de père ». Ma position sociale ne m’avait jamais valu de conseils particuliers de sa part. Le pire semblant être que ce résidu de mo’che aussi mauvais qu’une ruade de Korn dans le ba’zarh, n’écoutait même pas les sages conseils de Rok’hi. Mon père s’appliquait en vain à lui enseigner quelques prises vicieuses et l’autre ne prenait même pas la peine de sembler l’écouter. Au fond je préférais cela, ainsi lors de l’affrontement, son sort serait plus vite réglé et je pourrais enfin reprendre ma mission. Songeur, je m’éloignais un peu pour aller prendre un peu de repos dans la tente des chefs. Au moment où j’allais entrer, j’entendis des chuchotements à l’intérieur et bien que je tende l’oreille, je ne parvins pas à comprendre le sabir employé. Quelques mots m’étaient familiers, malgré cela, je n’arrivais pas à déchiffrer la teneur de l’échange entre Tar’tar’hin et Luid’gih. Soudain, alerté par ce conciliabule secret et hermétique, je perçu une présence derrière moi. Je fis donc volte face afin de vendre chèrement ma peau en cas d’attaque. Par chance, il s’agissait de Ko’loss et de Tar’lhouz, lesquels écoutaient aussi la conversation des deux chefs. Avant que je dise un mot, Tar’lhouze se mit la main devant la bouche me commandant de me taire, je compris donc qu’il entendait fort bien le mystérieux langage et qu’il pourrait me renseigner sur son propos dans un futur proche. En effet, au bout de quelques instants instructif, semble ‘t’il,  il me fit signe de le suivre à l’écart, agissement qui en temps ordinaires m’aurait alerté à présent que je connaissais ses préférences…  J’appris donc que luid’gih tentait de faire fléchir son «hôte », selon ses propres termes, égorger le Morb’ach n’arrangerait rien à l’affaire. Cependant l’autre campait sur ces position il voulait laver l’affront… Ils en étaient là lorsque nous nous étions éloignés. Je décidais donc de retourner discrètement près de la tente afin de tenter d’en apprendre un peu plus, mais je rencontrais en chemin, Les deux leaders. Comme à son habitude, Luid’gih marchait devant et à sa suite faisant mauvaise mine se traînait Tar’tar’hin rouge de rage, quoi que sa joue gauche sembla plus cramoisie que la droite. J’en déduisis, innocemment, que son côté gauche était le plus atteint par l’affront qu’il avait reçus de Na’zbr’Rok. Par contraste luid’gih qui se frottait le poing dans sa paume, semblait détendu et rayonnant comme si l’on venait de lui ôter un poids qu’il portait depuis longtemps. Mais ce n’était qu’une impression furtive. Il m’expliqua qu’à la suite de négociations, fructueuses en avancées civilisatrices pour les Tar’has’khons, Tar’tar’hin, avait de sa propre initiative, proposé qu’en lieu et place des élek’sions, l’on pratique un autre genre de joute pour laver son honneur. Je fronçais certainement inconsciemment le front sous l’effet de la surprise, car Luid’gih se hâta de finir son explication, laquelle me rasséréna. Il nous proposait de régler le litige par une partie de Bâl’ho’lat’he (ancien jeu se pratiquant avec une peau de bik bourrée de laine, et de crin que deux équipes de quatre joueurs se lancent du pied en ayant les mains liées dans le dos pour éviter le Tyé’rien’rih tricherie consistant a jouer avec les mains. Sinon tous les coups sont permis, comme le Zhi’né’dine (petit coup de boule) ou le Ouye’mék’ouy (coup de pied à l’entrejambe) afin d’amener la peau de bik, appelée Bâl’ho dans une petite tente grande ouverte sur le devant… Je donnais donc mon aval à cette proposition du chef Tar’has’khon. Etant donné que nous ne connaissions pas les règles du jeu, nous n’avions aucune chance de l’emporter et cela me satisfaisais fort bien, le vieux cocu en aurait pour sa fierté et tout rentrerait dans l’ordre. Le temps de réunir les équipes composées de notre coté par Koloss, Châ’bal, Na’zbr’Rok et moi-même, alors que du côté Tar’has’khon, Tar’tar’hin nous opposait Leroa’pelé, Rho’che’tô, Kan’tô’na et Rho’na’ldô et Luid’gih donnait le signal du départ du jeu en sifflant dans ses doigts. Ce fut la mêlé sur la prairie. Les Ri’thals semblaient avoir prit fait et cause pour nous et ils scandaient nos nom, lorsque l’un de nous tapaient dans la dépouille de bik, alors qu’ils insultaient copieusement l’équipe adverse en imitant des cris d’animaux peu reluisant, dés qu’elle osait taper dans le Bâl’ho. La difficulté du jeu était moins de mettre le Bâl’ho dans la tente adverse, que d’empêcher les autres d’en faire autant. Quoi qu’il en soit, le jeu s’arrêtait dés qu’une équipe avait réussit et était déclarée gagnante. Les Tar’has’khons avaient choisi de ne jamais laisser leur tente sans défenseur ce qui évidement nous gênait beaucoup, mais d’un autre côté nous étions un de plus sur le terrain et cela nous avantageait d’une autre manière. Comme je l’appris plus tard les bons joueurs de Bâl’ho’lat’he étaient très respectés chez les Ri’thals et même protégés. Pas question pour eux de participer à une chasse périlleuse, au risque de se blesser. Ils avaient de superbes péh’pettes, ce qui chose étrange, leur valait par ailleurs des commentaires acerbes de la part de certains guerriers, obligés de fournir toujours plus de viande et de fourrures pour se trouver des compagnes. Oui le sujet des péh’pettes dans le milieu du Bâl’ho’lat’he n’était pas près d’être résolu…

Châ’bal, sûr de sa force, fonça sur le « gardien » de la tente et lui collant d’office un grand coup de caf’thi’herr en pleine face, se fit siffler par Luid’gih. Il nous expliqua, que ce type de manœuvre était interdite sur tout joueur n’ayant pas le bâl’ho ou n’ayant pas l’intention de s’en emparer. Il était aussi interdit de frapper le gardien de la tente, lorsqu’il y en à un, en temps normal le joueur agressé aurait le droit de se déclarer offensé et de demander réparation. Ce qui se fini généralement par un duel à mort. C’est pour cette raison que les alentours immédiat autour de la tente sont appelé surface de « réparation »… Dans le contexte, cette règle ne pouvait s’appliquer puisque nous étions novices et d’ailleurs le gardien, dans sa grande mansuétude, ne semblait pas désireux de se mesurer à notre Châ’bal en combat singulier. Il arracha quelque touffes de bourre à la peau de Cé’hér’ess lui servant de pagne et se les enfourna dans le tar’hin pour étancher l’hémorragie. Puis nous reprîmes le jeu. Avant que j’ai pu réagir, Leroa’pelé, se glissa entre Na’zbr’Rok et moi et nous faucha la peau de bik en courrant comme téjé’vhé vers notre tente laissée sans protection,  Rho’che’tô, nous coupa la route, m’empêchant de tenter de le rattraper alors que Kan’tô’na  couru se placer à côté de notre tente pour aider au cas ou ! C’est un spectacle extraordinaire et je comprends pourquoi ce peuple aime tant ce jeu ; auquel il manque cependant un petit je ne sait quoi…  A cet instant, je pensait que la partie était finie. Nous avions perdu comme je m’y attendais, l’honneur de Tar’tar’hin était sauf et nous allions pouvoir commencer les choses sérieuses. Cependant, je n’avais pas vu Ko’loss fonçant vers notre tente sous les acclamations des Ri’thals et de Tar’louzh trépignant en bordure de terrain. Il s’excitait tout seul le biquet, voir tout ces beaux mâles, le poil luisant, la sueur giclant en perles fine à chaque mouvement, ça le rendait fou. Une chose est certaine, le bâl’ho’lat’he semblait fait pour lui… C’était bien un sport pour Tar’lhouz !

Leroa’pelé, n’ayant pas vu Ko’loss, se diriga en ligne droite vers son but. Par contre Rho’che’tô lui, avait vu le danger sans pourtant pouvoir rien faire. Ko’loss ne jouant pas le bâl’ho il restait intouchable. Voilà qu’il passait devant lui, n’y résistant pas, il se lança à sa poursuite. Comme si c’était ce qu’il attendait, ko’loss s’immobilisa d’un coup en plantant ses pieds dans l’herbe penché un peu vers l’arrière, Rho’che’tô ne pouvant l’éviter, vint le percuter de plein fouet. Son menton heurtant avec violence l’épaule robuste de Ko’loss, l’on pu voir ses dents s’éparpiller en gerbe dans le ciel azuré. M’est avis que son prochain bif’tek (tranche de viande grillé) de futé, il dû se le faire mâcher par l’une de ses Péh’petts avant de l’avaler parce que pour lui la mastication c’était de l’histoire ancienne… En titubant, il se dirigea vers ses frères de clan. Après l’avoir détaché, on l’évacua alors que, pendant ce temps, nous ne perdions pas notre temps, changeant de tactique, j’envoiais Na’zbr’Rok protéger notre tente, alors que Châ’bal poursuivait Leroa’pelé, lequel se trouvant en position pour tirer, tenta le coup et donna un coup de pied féroce dans le bâl’ho qui fonca vers la tente mais le morb’ach plus rapide plongea et arrêta le tir avec son torse, avant de s’écrouler dans la tente. Dans le « public », c’était le délire, ils n’avaient jamais vu ça. Les Ri’thals criaient au génie alors que les Tar’has’khons gueulaient que ce coup n’était pas valable. Mais Luid’ghi laissant faire, Châ’bal ramassa du bout du pied le bâl’ho sans se soucier de Na’zbr’Rok qui piaillait son épaule déboîtée, puis le lançant en l’air, il le frappa avec la force du kon’har quand il charge. Seulement ajustant mal son coup, il tapa dans le vide et déséquilibré par le mouvement, il bascula sur Na’zbr’Rok alors que la bik rembourrée, retombait mollement sur le sol à un pas de notre tente. Il en résulta deux choses. En retombant sur Na’zbr’Rok il lui remit  son épaule en place, ce qui était une bonne chose mais Leroa’pelé qui attendait le coup de pied vit là, possibilité de marquer sans trop d’effort et se précipita vers notre tente imité en cela par tout les autres joueurs. Ko’loss parti le premier, puis, Rho’na’ldô le gardien de la tente des Tar’has’kons me passa devant m’incitant donc à le suivre. Nous étions très loin mais nous courions aussi vite que nous pouvions, ayant pour lui l’entraînement et pour moi la jeunesse. Je m’arrangais pour rester deux pas derrière lui le forçant à se retourner pour voir où je me trouvais. Leroa’pelé presque arrivé au bâl’ho allait s’en emparer, mais d’un splendide Ouye’mék’ouy, remettant en cause les projets de descendance du joueur adverse et cela pour une date imprécise, Ko’loss lui en ôta toute velléité. Calmement, il ajusta son coup et envoya le bâl’ho dans ma direction en une superbe courbe elliptique le plaçant juste entre Rho’na’ldô et moi. Nous nous regardâmes comme deux klé’bars se disputant un os. Une ombre passa entre nous, c’était Kan’tô’na qui venait de se décider à jouer activement, poussant le bâlho devant lui en courant il partit vers notre tente. Châ’bal et Ko’loss se précipitèrent à sa rencontre ainsi que Rho’na’ldô et moi. Profitant que Luid’gih était assez loin, je lui fis un croque en jambe discret et le voilà à terre. Comment qu’il rouscaillait pépère, bien sûr je fonçais sans l’attendre à la rencontre de kan’tô’na bien décidé à lui barrer le passage. La suite reste assez nébuleuse car en arrivant je pris de mon adversaire un méchant Zhi’né’dine en plein dans l’armoire à Bekt’hance ce qui me coupa un chouïa la respiration. Tout ce que je me rappelle, c’est qu’en me relevant, je vis le front de Châ’bal ensanglanté du sang de Kan’tô’na, ce dernier allongé dans l’herbe, sa matière cervicale servant de nourriture à un essaim de mouches ; alors qu’un monstrueux brouhaha semblable au bruit que fait un troupeau de futé quand il charge, montait au fur et à mesure que ko’loss poursuivit par leroa’pelé se rapprochait de la tente des Tar’has’khons. Puis cela explosa lorsqu’il projeta le bâl’ho à l’intérieur… Contre toute attente, nous avions gagnés par un mort, un éclopé, un édenté et un (en partie) châtré. Luid’ghi enthousiaste vint nous féliciter, alors que les Ri’thals et les Tar’has’khons portaient Ko’loss en triomphe sur leurs épaules.

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Mardi 01 Décembre 2009Poster un commentaire

Paroi 6

 Luid’gih

 Contrairement à mes prévisions, il nous ne fallu qu’une journée, pour atteindre le campement des Tar’haskons. Cela surtout, grâce au sens de l’orientation de Tar’lhouze, lequel nous fit connaître un passage des plus pratiques. Le lendemain matin, nous arrivâmes à destination frais et dispo. Première surprise, ces der’thals vivaient à la manières des mo’ches, dans des hu’ths faites de branches attachées ensemble puis recouvertes de grandes peaux. J’en comptais plus que mes mains avaient de doigts… Visiblement, ce clan n’était pas à mésestimer et sa participation dans notre combat contre les bo’ches, pouvait être décisif. Notre arrivée ne les surpris pas le moins du monde, car des guetteurs, restés invisibles, nous avaient repérés dés notre sortie de la passe et avaient avertis le camp de notre venue, à l’aide de Klé’bars (race primitive de chiens courrant, longs et courts sur pattes), dressés pour transmettre des messages entre les différents postes de garde. Aussi un comité d’accueil nous attendait à quelques pas des premières hu’ths. Il y avait là quelques ba’lezs, tous coiffés de peaux de kas’ketts, armés de lances et de Kra’hacks (sortes de massues, leur nom provenant du bruit qu’elles produisent en défonçant un crâne). Je me présentais le premier en lançant un « Mèmp’ha’peur » (formule de salut Dert’hal) de circonstance. En réponse celui posté en avant me lança « Gart’ha’gueul » afin que nous nous tenions à bonne distance, puis il s’avança, jusqu'à moi. S’accroupissant, il déposa sa lance devant lui et je fis de même, avant de m’asseoir dans l’herbe encore humide du matin. Selon le rite usuel, je me présentais puis désignais mes compagnons en commençant par Tar’lhouze. Lorsqu’il su qui nous étions, il se leva, ramassa sa lance, puis la ficha en terre pour nous signifier de l’attendre. Sans se presser il retourna vers son groupe, dont l’un d’eux se détacha pour aller en courrant prévenir le chef du clan de la présence d’une ambassade. L’attente fût de courte durée, mais au lieu d’un chef, c’est deux qui s’avançaient vers nous avec leurs escortes. Le plus grand, facilement reconnaissable à sa kas’kett était Tar’tar’hin, mais le second m’était totalement inconnu. Il portait des fourrures aux pieds et ses cheveux noirs comme le Kroak (corbeau) étaient collés à plat sur sa Caf’thi’herr. Un collier de griffes et de dents d’animaux sauvages pendait à son cou  et sur certains de ses doigts, il avait enfilé des rondelles d’os gravés du plus bel effet. Sur l’une d’elles on avait fixé un coquillage brillant. In m’apparu évident qu’il s’agissait là d’un personnage important. Si je tentais assez bien de le dissimuler, cet inconnu m’impressionnait. Il dégageait une sorte de force, sans pour autant la mettre en avant, chose assez rare chez les dert’hals pour être signalée. D’ailleurs si Tar’tar’hin, était chez lui il présenta en premier son compagnon, Don’Luid’gih. En fait il s’agissait du chef des chefs des Ri’thals, Luid’gih. J’appris plus tard que les Ri’thals appelaient leurs sorciers Don’ et ce Luid’gih était chef sorcier de son clan et des autres Ri’thals, puisque cette tribus fédérait plusieurs familles. Il y avait Don’Péh’ry’gnon quelque peu porté sur le champ, la boisson rituelle des mo’ches, Don ‘Kam’hyo, lequel mangeait parait t’il des pattes de Pan’zani (animal non identifié), don’ju’han lequel avait la même renommée que mon grand père avec les péh’pettes. Il y en avait quelques autres, mais aucun présent. Je ne comprenais pas ce que les Ri’thals faisaient en si grand nombre sur le territoire des Tar’haskons. Si pareille chose se produisait sur le territoire des Bo’hos, Rok’ho considèrerait l’intrusion comme une tentative d'invasion et sa réaction serait pour le moins offensive. Pourtant Tar’tar’hin, ne semblait pas outre mesure inquiété par cette marée Ri’thal. Il semblait même au mieux avec l’envahisseur potentiel. Etrangement, il s’avérait qu’il était plus préoccupé de notre petite délégation que de l’armée de Ri’thals campant sur ses terres. Avant d’être convié à partager la collation offerte traditionnellement aux voyageurs Der’thals,  il me fallu nous présenter, puis sans entrer dans le détail, expliquer les motivations de notre venue. La mine affichée par mon père, m’enseigna qu’en d’autres circonstances nous aurions pu prendre cette façon de faire comme étant insultante. ‘ourtant curieusement, il choisit de ne pas réagir ouvertement et affichait un masque neutre de circonstance parfaitement indéchiffrable pour qui ne  le connaissait aussi bien que moi. Quoi qu’il en soit je copiais mon expression de réserve polie sur la sienne et suivis les deux chefs en direction d’une hu’tt plus spacieuse que les autres. Mais au dernier moment, sursaut de fierté dû à ma jeunesse plus qu’à une réelle décision politique, j’accélérais mon pas et entrais dans la hu’tt le premier, comme chez moi. Ces ba’lezs étaient plus vieux que moi, mais sur un plan diplomatique nous nous valions et il n’était pas question pour un ba’lez de mon rang et de ma position, de passer derrière eux. A peine entré, je choisi un tas de fourrures et d’autorité m’y installais confortablement. Comme je l’avais pressenti, au regard qu’ils échangèrent en me voyant ainsi allongé sans vergogne,  il ne pouvait s’agir que de la place de l’un des deux chefs. Au regard amusé qu’il me lança, je su que j’occupais celle de Luid’gih.  Je jouais mon va-tout, ou il me demandait de lui rendre son bien et n’ayant d’autre choix que d’accepter,  je me reconnaissais sinon vaincu, au moins dominé. Par contre, s’il me laissait sa place de bonne grâce il me reconnaissait le droit de traiter d’égal à égal. Silencieusement, il vint s’asseoir sur un tas d’autres peaux situées devant moi, un petit feu nous séparant. Tar’tar’hin resta debout un peu gauche et embarrassé. C’est à cet instant que je réalisais qu’il n’y avait que deux emplacements pour s’asseoir et que le chef des Tar’haskons n’en avait donc plus pour lui-même. Alors que deux péh’petts s’affairaient afin de lui fournir un siège, je me félicitais de mon coup de tête m’ayant poussé à pénétrer le premier dans la hu’tt. De cette façon j’en avais beaucoup plus appris sur mes pairs qu’au cours des palabres qui suivirent. Luid’gih certain de sa supériorité, pouvait se permettre de me laisser la place d’honneur, c’est lui que je devais convaincre en priorité. Tar’tar’hin n’était qu’un figurant dans l’affaire, il ferait ce qu’on lui dirait de faire. Si un jour son clan fût puissant, c’était il y a longtemps. Il était trop vieux et trop pusillanime pour rester chef encore longtemps. Si Luidd’gih le tolérait ce n’était que parce que celui-ci ne représentait aucune menace. Mais il était clair qu’à sa mort, un nouveau chef à la solde du Ri’thal prendrait sa place et que les tar’has’kons deviendraient une tribu Ri’thal à par entière. Après m’être restauré comme le veut la coutume, je reçus en présent de la part du chef Ri’thal deux paires de Kro’kenos (sorte de mocassins montants) une pour moi et l’autre pour Rok’ho et plusieurs gam’els richement décorées. Je me trouvais bien embarrassé car cet usage n’était pas dans nos habitudes et je n’avais rien à lui offrir en échange, sinon… Le dilemme était conséquent, n’ayant rien à troquer je risquais de vexer le Don et la seule chose me venant à l’esprit m’était interdit. Je devais donc en référer avec mes compagnons aussi demandais-je la permission de m’absenter quelques instants pour aller discuter avec mes amis… Rok’hi et les autre chasseurs restaient inflexibles donner la technique du Tu’tue à un clan aussi puissant était dangereux et surtout  sans l’accord de Rok’ho, interdit. Tur’lhu était du même avis mais partageait néanmoins mon avis sur la question. Il fallait donner aux Ri’thals quelque chose en contrepartie de leurs présents. Restait à savoir quoi ! Les laissant à leurs cogitations je retournais dans la hu’tt. Les palabres avec Luid’gih n’étaient pas aussi simples qu’avec les autres chefs de clan, la façon de parler des Ri’thals ayant évolué de manière différente de la notre. Nous nous comprenions, mais Luid’gih faisait des efforts pour parler comme nous avec un drôle d’accent un peu zézayant. Très vite, je découvris le secret de la prospérité des Ri’thals lequel n’était pas vraiment un mystère. Il y a des cercles de cela, bien plus que j’ai de doigts, des mo’ches venus de l’autre côté de la grande eau, débarquèrent sur le rivage de l’ancien clan Der’thal du père de Luid’gih, Don Hal’Deuk. Après une certaine méfiance des uns pour les autres, ils fraternisèrent. Les mo’ches se désignant eux même du nom de Ri’mell, expliquèrent que leur embarcation transportant plusieurs Ri’mells ayant coulé, ils n’avaient plus de moyen de retourner chez eux. Finalement après avoir vécus en marge du clan, ils finirent par se mélanger aux der’thals pour former un clan unique dans l’histoire, un clan formé de descendants Der’thals et de Ri’mells, les Ri’thals. Ainsi Luid’gih à l’instar de Na’zb’rok était fils d’un derthal et d’une péh’pett mo’che. Pourtant rien ne le trahissait dans ses traits, si ce n’était ses oreilles un peu grandes et sa taille un peu courte, mais j’avais déjà les idées larges et cela ne me dérangeait pas. Par cette filiation, les rapports avec les Tribus Mo’ches se trouvèrent facilitées pour les Ri’thals. Ils commercèrent plus que nous et apprirent plus de techniques nouvelles. Mais cette prospérité fit des jaloux et bientôt une tribu voisine les attaqua. Les Ri’thals remportèrent une victoire écrasante puis commença le processus qui devait les amener à leur forme actuelle de clans unis sous l’égide d’un seul chef. Contrairement à ce que je craignais, ils ne formaient pas un clan vindicatif et expansionniste. Les seules guerres qu’ils menaient, étaient destinées à répondre à une attaque d’un voisin, mais comme le disait luid’gih, cela se faisait rare. Tar’tar’hin regardait ses orteils comme un morb’ach prit en faute, me laissant supposer que les relations entre les deux tribus n’avaient pas été de tout temps aussi courtoises. Je voyais le déploiement de force des Ri’thals d’un œil neuf. Il s’agissait en fait d’une visite de contrôle. Contrairement à ce que j’avais cru au début, nous n’étions pas sur les terres des Tar’has’khons mais bel et bien, sur celles des Ri’thals. Ma mission s’en trouvait du coup à la fois simplifiée et compliquée. Je n’avais qu’un interlocuteur de valide mais si je loupais mon coup je n’obtiendrais rien de l’un comme de l’autre. Alors que j’allais exposer la nature vrai de notre venu, un guerrier Ri’thal survint m’interrompant… Au dehors de vives clameurs se faisaient entendre. Luid’gih se releva et d’un regard m’invita à le suivre au dehors. Le spectacle était édifiant, formant un cercle autour de Na’zb’rok Rok’hi et mes autres compagnons la lance dressée faisant front à l’encerclement de plusieurs fois leur nombre de Ri’thals et de tar’has’khons pareillement disposés à engager la bataille. D’un ordre bref et impérieux Luid’gih fit casser le cercle de ses guerriers et entreprit dans sa langue de demander des explications, alors que de mon côté j’en faisais autant, sans toutefois le côté cassant. Renseignements pris, tout venait de Na’zb’rok. Celui-ci s’était faufilé dans la hu’tt des épouses de Tar’tar’hin et avait commis un sacrilège en « honorant » de ses faveurs, deux des quatre péh’petts du chef. Je savais que dans certains clans c’était une faveur réservé aux invités de marque, toutefois  j’ignorais ce qu’il en était chez nos hôtes et de toute façon cet imbécile de Na’zb’rok, n’avait rien d’un invité de marque. Tar’tar’hin beuglait plus fort que si on lui avait enfoncé un nid de « bêtes qui pique » dans le Fign’dé. Dans un coin de ma caf’thi’herr, je songeais que si ses péh’petts étaient Désp’hèr et Taouz’wouaïvs (seules et inassouvies) au point de consentir à se colmater les brèches avec Na’zbr’Rok, c’est qu’il ne s’en occupait pas convenablement. En conséquence, les torts étaient partagés. Toutefois, il va de soit que je n’en pipais mot. Tar’tar’hin exigeait qu’il fût exécuté sur le champs, mais quelque soit mes propres sentiments à l’égard de Na’zbr’Rok, il restait un bo’ho et mon parent, donc intouchable en ma présence et je ne me fis pas prier pour le lui rappeler. L’encorniflé de frais éructait et trépignait il exigeait réparation du tort subit. Luid’gih m’attirant à l’écart, me fit comprendre que la faute était trop grave pour rester impunie ; nonobstant il me proposais de juger moi-même de la sanction. Une Ko’le ou même une sat’honade (dérouillée) ne semblant pas satisfaire Tar’tar’hin, il ne me restait plus que le bannissement ou le combat singulier comme échappatoire, aussi pour apaiser les esprits, je devais donc me résoudre à choisir l’une de ces deux solutions. Abandonner ainsi ce morb’ach même avec une lance, équivalait à le tuer à petit feu, à moins qu’il ne réussisse à se faire accepter par une autre tribu, il mourrait de faim ou de froid dès que le duvet du ciel tomberait sur la plaine. Restait le combat singulier, certes, il ne connaissait pas le maniement de la lance mais, sa jeunesse était un atout face à son adversaire et puis il me sembla que voir Tar’tar’hin devoir se battre, ne serait-ce que face à un morb’ach, ne déplairait pas à luid’gih. Du coup je joignais l’utile à l’inévitable, et qui sait, on avait déjà vu des joutes plus inégales basculer en faveur du challenger. J’optais donc pour cette conclusion au conflit, à la visible satisfaction de tous. Soudain sans me consulter, Rok’hi se permit d’intervenir en faisant remarquer que ce ne serait pas une grande satisfaction pour Tar’tar’hin, ni pour son honneur, que d’ok’cir un morb’ach tel que celui là. Aussi se proposait-il, soit de le remplacer, soit de l’entraîner un peu afin qu’il puisse faire honneur à son adversaire ainsi qu’à son clan. Tar’tar’hin soudain moins prompt de vouloir laver son honneur dans le sang d’un bo’ho, s’il devait s’agir de celui de mon père, opta pour la seconde proposition et décida qu’il offrait la journée à Na’zbr’Rok. Loisir pour lui de s’entraîner. La rencontre aurait lieu ici même dés le lendemain matin au chant du Fran’sèh (espèce de coq). Les ba’lezs crièrent enthousiastes en brandissant leurs lances. Je compris la raison de cette soudaine liesse lorsque Luid’gih m’apprit que si Na’zbr’Rok réussissait à vaincre Tar’tar’hin, selon les lois des Ri’thals, il deviendrait à son tour Don et prendrait la tête des Tar’has’khons. Ils appelaient cette passation de pouvoir des élek’ sions. Si j’avais su cela, j’aurais égorgé mon cher ton’t’hon avec mon propre ji’lett plutôt que de prendre ce risque.

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 Paroi 5

 

Il était beau son Lé’gio’nèr

 

Le plus proche des clans à visiter était celui de la tribu du grand cerf, les Korn’hars. Mais augurant que notre démarche plénipotentiaire se conclurait assurément par Lat’houz et connaissant un peu le tempérament des  péh’pettes locales. Rok’hi décida que nous ferions un détour afin de visiter les Lé’gio’nèrs en premiers. L’accueil et le départ ne seraient, non moins chaleureux, mais il nous fallait au moins deux jours de marches pour rejoindre leur Ché’lem, ce qui nous permettrait de nous reposer. La religion correctement pratiquée, ça vous met vite à genoux.

Nous avancions toujours sur le qui-vive, redoutant de tomber sur les Bo’ches à chaque instant. Il avait été décidé qu’afin de nous éloigner au plus vite du territoire des Sal’kons, lequel était devenu celui des Bo’ches, nous ne nous ferions pas de halte jusqu’au moment où le soleil serait dévoré par la mère terre. Pour cette raison c’est sans s’arrêter de marcher que Tur’lhu s’entraînait à manier le Thu’tue, l’arme des Bo’ches en envoyant de petit pav’tons sur les Pi’afs et les Penn’dhus perchés dans les frondaisons. Au début il voulait appeler cette nouvelle arme découverte par lui le Tur’lhu’thu’tue mais reconnaissant que cela faisait long il le baptisa juste thu’tue. Le soir venu, Ignorant ses protestations, je découpais une lanière dans la peau de bik de Na’zbr’Rok avec mon ji’lett, puis je la débarrassais de ses poils en la passant sur le feu et la retaillais afin de retrouver la forme du thu’tue de Tur’lhu. Le mien était plus long et mieux adapté à la morphologie Dert’hal, aussi fis-je de rapides progrès. En quelques jours j’avais égalé puis dépassé le maître. En arrivant aux abords de la ché’lem des Lé’gio’nèrs, je pouvais abattre un Penn’dhu caché tout en haut d’un arbre, là où le plus expérimentés des chasseurs ne pouvait décocher sa lance. Il me sembla la première fois que cela arriva, que le grimaçant animal fût stupéfié d’avoir été touché, alors qu’il se croyait hors d’atteinte. Mais bien entendu cela est stupide de ma part, les penn’dhu ne peuvent pas éprouver d’émotions comme les Dert’hals ou les mo’ches dans une autre mesure… Rok’hi et les autres, ébahis par ma dextérité, voulurent immédiatement se procurer un Thu’tue comme le mien. Fort heureusement pour Na’zbr’Rok, nous passâmes la nuit à l’abris dans la Ché’lem des Lé’gio’nèrs. Sinon, il aurait passé une nuit des plus fraîches sans sa peau de bik. Comme à son habitude, Rok’hi nous ordonna de cacher à nos alliés cette nouvelle arme. Seul Rok’ho, lors de la réunion au sommet de la Ghé’sèt, aurait autorité pour décider du moment où nos secrets seraient éventuellement partagés et en contrepartie de quoi. Nous flairâmes le camp des Lé’gio’nèrs bien avant de le voir et c’est heureux car nous parvînmes à destination à la nuit tombée. Quoi que nous aurions pu la retrouver facilement dans le noir, grâce au grand feu qu’ils allumaient dehors pour éloigner les bos et autres gréff’iés. Les Lé’gio’nèrs, n’étaient presque plus chasseurs, car il y a longtemps, l’un des leurs se prit d’affection pour une bik. Il n’avait pas d’épouse et ma foi la bestiole lui servit de péh’pette. La chose aurait dû s’arrêter là, mais certains de ses compagnons après s’être copieusement gaussés de sa liaison contre nature se montrèrent curieux de la passion du Ba’lèz pour sa bik et aussi de l’attachement de la bik pour son Lé’gio’nèr. Au début en cachette, certains se débrouillèrent pour attraper une bik et tenter la chose. Puis cela devint normal pour eux. Bien sûr une fois libérées les pauvres bêtes du début de l’expérience se sauvaient juste après l’acte comme si elles avaient le gnome dieu dans le Fign’dé (cul). Après quelques tentatives pour les attacher, ils comprirent que le mieux était de les enfermer dans la ché’lem avec eux. Rapidement ils joignirent l’utile à l’agréable en sacrifiant les plus vieilles de leurs bik (ou les moins désirables) afin de les manger et espacèrent leurs chasses. Ensuite, à cause de Byg’leu lequel avait confondu une bik avec un jeune bük, ils eurent des na’biks (chevreaux) et du lait de leurs mères. Les biks s’étaient habitués a vivre dans la Ché’lem et si elles sortaient dans la journée, elles rentraient tout les soirs.  Par prudence, la nuit les Lé’gio’nèrs posaient des branchages devant l’èska’lié pour les empêcher de sortir, sans imaginer que la présence de ces animaux libidineux pouvait en attirer d’autres, moins portés sur la bagatelle que sur le banquet. Dés la seconde nuit de leur co-habitation avec les biks, deux bos pénétrèrent dans la grotte et y firent un massacre, surtout parmi les péh’pettes. Les ba’lezs ayant placés au kuh, leurs bestioles et les Morb’achs. Inutile de préciser que cette pénurie de péh’pettes n’avait eu d’autre  répercutions que d’ancrer durablement leurs habitudes. Depuis cette nuit funeste, les Lé’gio’nèrs allument un feu chaque soir en haut de l’ l’èska’lié et à chaque lune, un Ba’lez a la lourde responsabilité de l’approvisionner durant toute la nuit. Il le nomme le Fah’re, cette nuit par exemple c’est  Maci’hin, le guérisseur, qui doit s’assurer que le feu brûlera jusqu’au matin et demain ce sera Ôprun’hô. En arrivant ce soir là, nous fûmes donc accueillis par le fah’re Maci’hin et le lendemain quand nous partîmes au petit matin nous saluâmes le fah’re Ôprun’hô. Il y a une compensation à ce poste c’est que pendant les deux jours suivants, le Fah’re ne fait rien. Ils appellent ça le Oui’kend… A part ces petites différences culturelles, les Lé’gio’nèrs et nous, sommes très proches, nous honorons tous la déesse mère et non pas, Sarko le gnome Dieu des Sal’kons ou plutôt de ce qu’il en reste. Aussi lorsque Boud’hin leur chef nous vit entrer, il se couvrit la Caf’thi’herr avec sa fourrure de kas’kett blanche destinée aux cérémonies officielles (une fourrure de castor albinos),  inestimable présent de son allié et ami Tar’tar’hin des Tar’haskons, puis entonna leur chant d’accueil hymne à sa gloire, « Tiens voilà du Boud’hin ». Cela fait, il ordonna de grandes réjouissances si bien que le lendemain, je dus recourir aux soins du fah’re Maci’hin (heureusement de garde avant le Oui’kend) afin qu’il me prépare une décoction d’herbes  et d’écorces, aptes à calmer le troupeau de Fû’té qui galopait dans ma Caf’thi’herr…

Boud’hin se montra très intéressé par les nouvelles que nous lui apportions. Les Lé’gio’nèrs, s’étaient de nombreuses fois vu contraints de juguler l’expansionnisme des Sal’kons et la nouvelle de leur prochaine, possible disparition, ne pouvait qu’enlever une épine dans leur pied. Il y avait quelques cercles de ça, toujours prisonniers de leurs préjugés. Les Sal’kons, considérant à tort que les Lé’gio’nèrs ne chassant plus, n’étaient plus de vrais Ba’lezs, s’étaient cru autorisés à les dépouiller de leurs territoires de chasse. Heureusement, même s’ils ne chassaient plus guère que pour le plaisir de la traque, les Lé’gio’nèrs restaient de fiers guerriers et les Sal’kons durent revoir leur ambitions à la baisse. Seul le danger représenté par les Bo’ches tempérait sa joie. Il avait déjà entendu parler de la légende de ce clan barbare mais n’avait jamais imaginé qu’ils puissent un jour devenir une menace pour lui et pour les Der’talhs. Il accepta la proposition de Rok’ho de le rencontrer au sommet de la Ghé’sèt et pour donner foi de son accord aux autres chefs de clan, il nous confia Tar’lhouz son dernier fils re-né de l’année.

Bien bâti, le front bas se terminant sur une arcade rebondie juste comme il faut, je me dis en le voyant que ce Ba’lez devait plaire aux péh’pettes. Surtout que les habitudes « bestiales » de leurs Compagnons devaient leur laisser du temps de libre à ces Ché’rhis (coquines). Pour ma part, j’avais d’ors et déjà repéré deux vénus aux hanches pleines et aux mamelles fermes et velues, avec lesquelles j’aurais apprécié de passer un moment. Histoire ne pas faire gâs’thon (la gaffe), j’avais demandé, innocemment, autour de moi, vu la préférence marquée qu’ils montraient pour leurs cheptel, si les Lé’gio’nèrs pratiquaient toujours lat’houz. Certaines pleines d’espoir, m’avaient fait comprendre explicitement, quelles comptaient bien là-dessus. En bon chasseur je me devais de partager mes informations avec mes équipiers, lesquels à l’exception de Ko’loss toujours aussi mécréant, se montrèrent plutôt impatient de communier. Nous comprenions pourquoi, depuis la veille au soir nous n’avions pas assisté à une seule démonstration de tendresse des Lé’gio’nèrs envers leurs péh’pettes, pas même une petite man’dahl ou un gn’hon (coups donnés du plat de la main, appliqués brutalement sur le bas des reins où sur le haut du crâne, s’apparentant chez les Der’thals à des préliminaires. Note du prof. Yves Radiau-Acqute), alors que de temps en temps une bik faisait entendre un son strident, signifiant que quelqu’un assouvissait ses instinct reproducteurs. Comme ils préparaient le festin du soir, je cru comprendre que c’était une manière d’honorer la bik avant de l’abattre. Sur ce plan, je dois admettre que le système des Lé’gio’nèrs en matière d’approvisionnement en viande fraîche était ingénieux.  Tur’lhu était du même avis que moi et justement parce qu’il était Tur’lhu, il avait déjà imaginé que nous pourrions faire de même en diversifiant les espèces comme le Kon’har ou le Kou’hars. Rok’hi ayant entendu une partie de notre conversation rétorqua qu’il ne serait pas contre le fait d’avoir toujours une cuisse de Kon’har à disposition. A la condition ajouta t’il de ne pas être obligé d’ « honorer » l’animal auparavant. Ce à quoi Tur’lhu répondit qu’en son temps Na’zu avait bien fais le contraire il avait four’hé (copuler) Gerda la mo’che mais s’était bien gardé d’en bouffer un morceau. Cela fit bien rire notre petit groupe à part bien sûr Na’zbr’rok, lequel s’arrangeait sans cesse pour faire bande à part. La soirée fut des plus agréables et Boud’hin en signe du respect qu’il portait néanmoins aux anciennes coutumes toujours en vigueur dans notre clan, nous enjoignit de ne pas les attendre pour commencer le rite de L’Lat’houz. Conscients d’être le dernier baston de la morale Der’talhs en ces lieux, nous nous devions de transcender le rite afin de remettre nos frères Lé’gio’nèrs dans le droit chemin. Ainsi, pour preuve de notre dévouement aux choses du sacré, peu après le commencement des festivités toute la ché’lem retentissait des soupirs langoureux des péh’pettes four’hées par leurs ba’lezs répudiant ainsi leurs bik. A la fin il ne restait que le chef et son fils à ne pas avoir communié, le premier parce qu’indécrottable conservateur, il étrennais une Na’bik au kul de la ché’lem et le second parce que parti dans une grande discussion avec ko’loss au cours de l’après midi, nous ne les avions pas revus depuis. Au matin quelque chose avait changé chez les Lé’gio’nèrs. Petit à petit ils délaissèrent le bétail pour leurs péh’pettes, enfin la majorité d’entre eux, et comme pour les en remercier, celles-ci se mirent à pondre des Morb’achs comme une femelle Cé’hér’ess. A ce propos, j’en parlais l’autre jour avec Jinéko le guérisseur du village mo’che, il a presque autant de cercle que moi et comme moi a fait la grande guerre de Ka’torzh. Ce vieux fou prétend qu’il y a relation entre la naissance des na’morb’achs (bébés, petits enfants) et le fait de four’her. Si c’était vrai les Lé’gio’nèrs auraient eu des na’biks avec leur cheptel et même Ko’loss avec… Mais je vais trop vite. Au matin de notre départ, Boud’hin accompagna son fils jusqu’en bas de l’èska’lié et une nouvelle fois il demanda à Rok’hi de faire ce détour, selon lui si important. N’étant pas au courant de ce qu’ils s’étaient dis la veille, nous nous taisions respectueusement, aussi c’est avec surprise que j’entendis mon père suggérer qu’en tant que représentant de Rok’ho, il me revenait de droit de prendre la décision finale. Selon Boud’hin, la présence de Tar’tar’hin, chef du clan du Castor était nécessaire sinon impérative à la réunion au sommet. Mais nous autre Bo’hos n’avions peu ou prou, pas de liens directs avec ces derniers. Ils se situaient sur l’autre versant de la Ghé’sèt, proche des Lé’gio’nèrs, mais loin de nous. Notre chef avait donc pas pensé à eux comme étant susceptibles de nous aider, attendu qu’ils n’étaient pas dans l’immédiat concernés par le danger Bo’che. Plus éloignés encore, il y avait les Ri’Thals (tribu spécialisé dans la fabrication de Mocassins en peau de na’bik) et d’autres.  Bien sûr, plus nombreux nous serions pour attaquer les bo’ches, meilleures seraient nos chances de remporter la victoire. Néanmoins il nous faudrait deux jours de plus pour passer la Ghé’sèt conduit par Tar’lhouz. Sûrement deux jours de plus pour convaincre Tar’tar’hin des Tar’haskons de se joindre à nous puis encore deux jours pour refranchir le col. Puis il nous fallait emmener  Na’zbr’rok jusqu’au campement des Péh’tétés. Je ne pouvais prendre une telle décision sans y réfléchir calmement et j’eu apprécié que mon père me consulta la veille, lorsque pour la première fois Boud’hin avait émit cette suggestion, pour ne pas dire cette condition. Je l’ai déjà dis et le répèterais ; mon père Rok’hi, était un puissant chasseur et un valeureux guerrier. C’est pour ces mêmes qualités qu’il était par ailleurs, un piètre diplomate et un stratège des plus médiocre. Lorsque je vis notre hôte soulever ses sourcils exagérément et retrousser ses babines supérieures signifiant chez les der’thals une grande émotion, voir un début d’agressivité. Je sus qu’il était temps pour moi de prendre mes responsabilités, sinon, non seulement nous perdrions un allié mais nous pourrions plus certainement nous retrouver avec deux farouches ennemis, les Lé’gio’nèrs et leurs amis Tar’haskons. Dans les circonstances actuelles nous ne pouvions pas nous permettre une telle éventualité. Aussi je rappelais sèchement à mon père que j’étais seul habilité à prendre ce genre de décision au non de Rok’ho. Puis  j’ordonnais que Châ’bal  escortant Rok’hi à toutes fins de négocier une alliance contre les redoutables Bo’ches, accompagne Tar’lhouz chez Tar’tar’hin chef des Tar’haskons. Poursuivant sur un même ton, je leur donnais cinq jours, pour me retrouver avec Tur’lhu et  Ko’loss à la ché’lem des Korn’hars. En restreignant leur durée d’action chez les Tar’haskons, je savais qu’ils ne perdraient pas de temps en vaines discutions avec ce Tar’tar’hin, lequel ne m’inspirait guère confiance. Moins de temps ils resteraient dans ce clan et moins ils seraient susceptibles de commettre un impair voir un scandale. Néanmoins si cela devait se produire les Tar’haskons se trouvaient trop éloignés de nos territoires de chasse pour devenir réellement un problème et leurs alliés Lé’gio’nèrs devraient rester neutres. En fait, je ne risquais réellement que les vies de mon père et celle de Châ’bal, voire celle de Tar’lhouz, sans impliquer le clan dans un conflit où nous n’avions à priori, rien à gagner. Ayant ainsi résolu le problème, j’ordonnais le départ de la ché’lem. Nous devions cheminer de concert sur une partie de la piste, puis suivant les indications de Tar’lhouz, Rok’hi et Châ’bal partiraient pour leur mission, alors que de notre côté, nous filerions chez les Péh’tétés. Le soleil dépassait à peine de la cime des arbres lorsque Tar’lhouz se jeta sur le sol et commença à s’arracher les poils en signe d’un grand désespoir. Pour commencer, redoutant qu’un esprit mauvais se soit infiltré en lui par les Ba’ôls (narines, trous de nez), je lui assénais un bon coup de lance sur la Caf’thi’herr afin de l’en faire sortir. Mais Ko’loss s’interposa et s’agenouillant près du fils de Boud’hin se mit à le cajoler. Il ne nous fallu pas des lunes pour comprendre qu’en fait d’esprit, c’était Ko’loss qui s’était infiltré et pas par les ba’ôls… Le moment de la scission de notre groupe était arrivée et Tar’lhouz se désolait de perdre même pour quelques jours son ba’lez. Bien que rare, chez les der’tahls, ce choix de vie, était connu chez les bo’hos et ne nous posaient pas de problème. Hélas pour lui cela n’était pas le cas partout, et ainsi qu’il nous l’expliqua, Boud’hin ne supportait pas de savoir que son rejeton préférait la jouer plus bik que bük.  Je trouvais ça un peu fort de Ka’fhé (viande faisandée au goût particulièrement corsé) considérant ses propres choix de vie, mais n’en soufflais mot. Une idée venait de me traverser l’esprit et le moins que je puisse en dire est qu’elle ne me plaisait pas des masses. Il n’est pas bien vu chez les Der’talhs d’ ok’cir (tuer) ses propres Morb’achs. En fait c’est même carrément tabou. Pourtant cela arrive, ils sont tellement fr’êl. Mais c’est rare et le plus souvent accidentel. L’unique solution pour se débarrasser d’un  Morb’achs c’est de le mettre en position de se faire tuer par quelqu’un d’autre, par exemple l’envoyer tout seul à la chasse au bo afin de prouver sa valeur. Dans le cas présent, je me demandais si Boud’hin pour tout jovial qu’il paraissait n’envoyait pas son rejeton dénaturé dans un nid de bêtes qui piquent (des abeilles ou des guèpes). Restait à savoir, si les relations entre les deux clans étaient aussi idylliques qu’il nous les avait présenté. Dans le doute, il ne me restait que peu de solution. Soit je décidais de revenir sur ma décision et nous continuions notre mission comme Rok’ho me l’avait ordonné, risquant de remettre en cause l’alliance avec les Lé’gio’nèrs, voir pire. Soit je décidais de faire aveuglément confiance au père de Tar’lhouze  risquant la mort de deux de nos meilleurs guerriers, dont mon propre père, soit encore je décidais de faire moi-même le détour et de les accompagner. Après avoir un peu réfléchi aux répercutions possibles de toutes ces possibilités, j’optais pour la dernière solution. Aussi nous partîmes tous pour le camp des Tar’haskons.  

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Mercredi 07 Octobre 20092 commentaire(s)

Paroi 4

 

Sal’hops

 

Ko’loss n’était pas un Bo’ho de naissance à proprement parler. Rok’ho de retour d’une visite protocolaire chez les Korn’hars, l’avait ramené tout petit à la ch’lem alors que Rok’hi n’avait pas trois cercles de vie et l’avait confié à Boat’alolo, une malheureuse dont l’enfant avait été emporté par un greff’ié au bas de l’èska’lié, la saison précédente. Pour Boat’alolo, Ko’loss comblait le vide laissé par la perte de son fils et de son époux Poch’tron. Ce dernier ayant pris goût au Champ’ une boisson que les Mo’ches de la tribu de Gerda confectionnaient à l’occasion de leur cérémonies rituelles s’était féla’père (s’enfuir) avec la tribu des mo’ches. La vie dans la ch’lèm n’était pas facile pour Ko’loss. Les autres enfants se moquaient de lui parce qu’il était fr’el (fragile) et que son nom ne voulait rien dire. Il s’appelait ainsi parce que c’était le seul mot qu’il savait dire en arrivant. Heureusement pour lui, Boat’alolo l’obligea à faire des exercices et en grandissant, sans atteindre la stature de Rok’hi ou de Châ’bal, il pouvait sans trop se fatiguer envoyer n’importe quel autre chasseur sur le sol du revers de la main. Une autre de ses qualités, sans courir aussi vite que Fhé‘rari, avec lequel il aimait se mesurer à la course, il laissait loin derrière lui tout les autres chasseurs, mon père compris. Il avait deux épouses, Pad’cuh’lot et Ja’mén’hon. Toutes deux très belles. Elles étaient mères de trois enfants, lesquels, chose curieuse, ne ressemblait pas du tout à leur père. Notre chef expliquait le phénomène par l’origine Korn’har de Ko’loss. Il faut croire qu’il est normal que les chasseurs de ce clan aient une progéniture ressemblant aux chasseurs des clans voisins. En tout cas je peux affirmer que le jeune fils de Ja’mén’hon, Twi’st, en grandissant devint mon portrait craché, preuve que la déesse mère recèle bien des mystères…

Nous étions près à partir dés le matin suivant mais Kur’taï, notre sorcier, s’opposait à mon départ. En raison d’une ancienne coutume, datant de l’époque ancienne où le duvet du ciel recouvrait la terre mère pendant la totalité du cercle. Les pères de nos pères devaient parfois partir très loin chercher la Bekt’hance (nourriture) et n’en revenaient pas toujours. Aussi avant de partir, ils devaient participer au rituel de  Lat’houz (grande copulation) avec leurs compagnes, voir se les échanger. Ce rite avait un peu évolué depuis ce temps mais il était encore pratiqué, néanmoins chacun gardait sa ou ses compagnes pour lui-même. Le problème était là. Bien que j’eu de nombreuses occasions, je n’avais encore pas pris de compagne définitive, préférant « emprunter » celles des autres chasseurs à leur insu. Le sorcier ne voulait pas en démordre si je ne pratiquais pas Lat’houz je ne partirais pas. Pour commencer, d’un coup de Lat’he (pied) je lui fit remonter les zarhs (les prunes, les couilles) dans le gosier pour lui apprendre à me courir sur le Fa’yo (haricot). Ensuite, d’un coup de genou, je lui éclatais le Tar’hin (nez busqué, tordu). Lancé comme j’étais, je l’aurais bien fini, mais Rok’ho m’ordonna de retourner m’asseoir, puis attendit, avec il me semble une certaine satisfaction, que Kur’taï reprit une teinte convenable et étanche son blaire pissant le ré’zi’né (le sang), avant de prendre sa décision. Célibataire, je ne pouvais pas partir, la loi était claire. Le sorcier triomphant me jeta un regard par dessous, toutefois Rok’ho n’avait pas fini. Il manquait un élément de valeur dans l’équipe aussi comptait-il bien partir à ma place. Pour le fait Kur’taï se voyait déjà investi des devoir de chef en l’absence de Rok’ho. Spéculant déjà sur le stratagème qu’il allait mettre en place, afin se débarrasser de moi et prendre le pouvoir absolu sur le clan au nom de Sar’ko le gnome dieu, il se redressa  et s’avança pour recevoir la peau de Bo, insigne du pouvoir suprême. Rok’ho le laissa s’approcher un peu, puis l’ignorant totalement il me demanda de venir à ses côtés pour prendre en ses lieux et places le rôle de chef du clan des vieux lions. Sous la surprise, le sorcier  en manqua de tomber à la renverse. Ses aspirations de grandeur s’envolaient à tire d’aile. Pire connaissant mon aversion pour tout ce qui a trait à la religion (sauf à communier avec les vapeurs de Shi’th) il pressentit (sans se tromper pour une fois) que sitôt reconnu par la tribu, je pouvais fort bien me débarrasser de lui sans état d’âme. De mon côté, ayant toujours eut dans l’idée que le successeur de Rok’ho ne serait autre que mon père Rok’hi, je me tournais vers lui, attendant son approbation. D’autre part je savais qu’une telle décision condamnait mon grand père à une mort certaine. Il n’avait plus l’âge de courir les bois et les steppes. Aussi je ne bougeais pas. Au bout de quelques pesantes secondes, ce fût le sorcier lui-même qui fit une proposition. Je pouvais partir en représentant notre chef  de cette façon, c’est Rok’ho qui participerait à lat’houz et moi qui partirais à sa place. Interceptant un regard entre le vieux chef et mon père, je compris qu’il me restait encore beaucoup à apprendre sur les subtilités du pouvoir. Tout ceci n’avait eu d’autre raison que de forcer la main du sorcier. Toujours était-il que dans cette histoire, j’était le Dho’do (le pigeon). A moi la balade mais à Rok’ho l’lat’houz, comme si il avait besoin de cela… Rok’ho dû percer mes pensées ou voulu t-il me récompenser de n’avoir pas sauté sur l’occasion de lui ravir le pouvoir. Il décréta alors, que le représentant dans la délégation. Je devais également le représenter dans l’lat’houz. Aussi me commanda t’il, d’honorer de mes efforts, sa dernière compagne en date, Pad’mè ; une jeune Lé’gio’nèr, laquelle lassée des pratiques animalières des hommes de sa tribu, était venu chercher refuge et affection chez les bo’hos. Inutile de préciser qu’elle fût servie au delà de ses espérances les plus folles. Au cour de la cérémonie je renouais avec l’ancienne coutume en honorant de mes faveurs non seulement Pad’mè, dont je devait m’occuper en tant que « Rok’ho » de circonstance mais aussi des deux épouses de Ko’loss ce dernier, mécréant entre les impies, s’étant bien vite endormi a peine le rituel ayant commencé. Ensuite on viendra encore me dire que lors de ma jeunesse, je n’avais aucun respect des choses du sacré…  De fait, je n’avais que fort peu dormi, lorsque Rok’hi vint me secouer. Au loin derrière la Ghé’sèt, le soleil renaissait à peine et il était temps de se préparer pour notre voyage. Chacun n’emportait que le strict  nécessaire, une peau de Bik, roulée, pour se protéger de la fraîcheur nocturne, deux lances, un Ji’lett (silex taillé et coupant comme un rasoir) et un peu de viande de Fu’té séchée. Comme Na’zbr’rok n’avait pas l’âge de porter des armes, il lui fût ordonné de se charger des outres d’eau. Il commença bien à rouscailler, mais ayant peu dormi, je n’était pas d’humeur à l’écouter aussi sans rien demander à mes compagnons je lui adressais d’autor un Bourre-pif maison histoire de le ramener Fi’sah (rapidement) à la dure réalité. Ton’t’hon ou pas à présent, il fallait filer droit sinon il prendrait une décoction de Fal’hanj (main) et pas toujours de ma part car nous les Der’thals, ne sommes pas égoïstes. Bien sûr, pour marquer notre départ, les péh’pettes se mirent à brailler en s’arrachant les poils du torse, ce que j’ai toujours trouvé fort peu élégant. Ensuite elles ressemblent aux femelles mo’ches, dépourvue de poil. Quoi qu’à ce sujet Pu’th m’a dit une fois qu’il avait rencontré un clan de mo’ches appelé les To’ss, dont les femelles étaient aussi velues que les nôtres. Mais ce que dit pu’th hein… Marquant la marche, Rok’hi filait bon train ; nous devions rencontrer plusieurs clans en un minimum de temps et le plus délicat était de contacter les Sal’kons, premiers de la liste. Au vu de la dérouillée qu’ils avaient pris lors de leur altercation avec les Bo’ches, leurs forces vitales devaient être au plus bas. De fait, nous aurions pu en conclure que les risques d’une réaction violente de leur part étaient inconcevables. Cependant chacun de nous était persuadé du contraire. Qu’à l’instar du   Kon’har blessé, le clan des Sal’kons n’était jamais aussi dangereux qu’affaiblis. Prisonniers de leur mode de pensée tordu, ils ne pouvaient concevoir notre mission autrement, qu’ayant pour objectif de préparer une offensive exterminatrice. Paradoxalement, il fallait donc arriver le moins discrètement possible afin de ne pas risquer de les surprendre. Peut-être ainsi pourrions nous les convaincre de la nature pacifique de nos intentions. Une fois arrivés à l’entrée de leur campement, nos atermoiements nous parurent bien ridicules. A Part les péh’pettes et leurs petits Morb’achs accrochés a leurs gui’bols, la  ché’lem semblait vide. Cependant, Les Sal’hops (nom des  péh’pettes  Sal’kon et non pas les Sal’konnes. Ce qui est une grave insulte chez les Der’thals) brandissaient farouchement au dessus de leurs Caf’thi’herr des lances aiguisées, leurs rejetons, illusoirement armés de pav’tons,  nous montrant les dents de manière agressive. Je pense qu’à cet instant, mon père, Châ’bal et Ko’loss eurent très envie de profiter de l’occasion pour débarrasser la mère terre de ces abjectes créatures. Et en toute franchise si à cet instant cette idée me parut insupportable, aujourd’hui, que notre futur est devenu mon passé, je regrette amèrement qu’ils ne l’aient pas fait. Tur’lhu, eu certainement la même pensée que moi aussi passa t’il devant nous et avança sans armes vers le petit groupe. Le sorcier Fa’cho, choisit cet instant pour surgir en paillant et ayant visiblement comprit que nous ne venions pas animés de mauvaises intention s’interposa entre nous et les péh’pettes, afin d’asseoir son autorité. Il huhula en s’agitant, jusqu’au coup de Tur’lhu, qu’il prit en pleine face. Tout le monde fut surpris par le geste si rapide du chasseur, que le sorcier se retrouva par terre avant d’avoir fait mine de se défendre. Un instant, nous craignîmes que les péh’pettes, engagent le combat pour défendre leur sorcier, mais au lieu de cela elles abaissèrent leurs armes et nous invitèrent à entrer dans la ché’lem. Leurs manifestations hostiles n’ayant d’autre but que de donner le change au sorcier tout puissant. Au moment où j’entrais j’en vis même une ou deux profiter que Fa’cho était dans un autre monde, pour lui filer un coup de  Lat’he dans les Cer’sos (les côtes) ; preuve qu’elles n’appréciaient pas des masses ce coco là. Elles nous expliquèrent que les hommes valides étaient partis au campement des Bo’ches, pour essayer de libérer quelques uns des leurs. Il ne fallait pas sortir d’Hé’na (tribu de prétentieux où chacun se croit plus malin que les autres) pour deviner la conclusion de l’affaire. Soit ils se feraient tous massacrer ou les rares survivants risquaient en s’enfuyant de conduire les Bo’ches jusqu'à leur Ché’lem. Dans les deux cas de figure, rester là n’arrangeait pas nos affaires. A la vision de ces faits nouveaux, Rok’hi décida pour le bien de la mission et pour nous même qu’il fallait, Fi’sah (rapidement) mèt’lè’voal (prendre congé), et Ad’Ash. Mais les péh’pettes, ne l’entendaient pas de cette  Ess’gour’deu (oreille) et se montrèrent si Câl’ines (aguichantes) que mèt’lè’voal ainsi aurait gravement nuit à notre réputation. Notoriété en grande partie dû à notre chef vénéré Rok’ho. Il fût donc décidé que nous célèbrerions Lat’houz avec les Sal’hops, à l’exception de Ko’loss lequel préoccupé par l’état de santé de Fa’cho, l’emporta à l’écart de tout ce remue ménage, afin de lui prodiguer quelques soins. Nous communions pieusement, lorsque l’arrivée quelque peu impromptue de quatre Sal’kons rescapés, vint perturber la cérémonie. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre de Ba’lèzs aussi dévots que les Sal’kons, ils ne semblaient pas apprécier outre mesure, que leurs  péh’pettes montrent autant de ferveur mystique dans l’accomplissement du rituel d’adieu. Je compris à cet instant que je ne comprendrais jamais rien à la religion. Voilà quatre bigots nous reprochant de pratiquer. S’ils n’avaient été aussi mal en point et s’ils avaient eu leurs armes, je crois bien que nous leur aurions fait rentrer leurs insultes dans la gorge à coup de lance. Le pire, c’est que les Sal’hops à leur tour se mirent à nous invectiver, comme si l’idée de Lat’houz était de notre fait.  Sans nous presser nous quittâmes ce clan moribond sous les huées et les insultes, le plus vindicatif étant Fa’cho, gesticulant tout nu. Un comble quand on pense que Ko’loss s’était si bien occupé de lui…

Le soir même autour du foyer, nous discutâmes des chances pour les Sal’kons de redevenir un jour prochain, une tribu puissante sur la base de ces quatre éclopés et nous conclûmes qu’ils n’avaient aucune chance.

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Mercredi 30 Septembre 2009Poster un commentaire

 

Paroi 3

 

Bo'ches

 

Contrairement à ceux de mon âge, même si je ne crache pas sur un peu d’action, j’aime assez observer et guetter. C’est pourquoi je chasse de temps en temps avec le groupe de Tur’lhu. Cela m’a appris la patience et la ténacité, qualités essentielles dans ce type de mission. J’ai énormément de respect pour mon père et Châ’bal  mais il est évident qu’ils ne tiendraient pas plus de quelques heures, allongé comme je l’étais sous un fourré. Les mo’ches avaient rassemblé les Sal’kons prisonniers dans la th’ôl et préparaient vraisemblablement de grandes réjouissances afin de célébrer leur victoire. Un feu avait été allumé et des femelles y  jetaient du bois régulièrement. Enfermés, les Sal’kons observaient les préparatifs en lançant de temps en temps des injures incompréhensibles pour les Mo’ches. Ce qui m’étonnais le plus, c’était que les chasseurs du clan loin de partir chasser, ne s’éloignaient pas de la hu’th. Peut-être craignaient ils une seconde attaque, mais alors pourquoi festoyer, et de quoi ? En réfléchissant je m’imaginais que leurs réserves de nourriture se trouvait dans la grande hu’th. D’ailleurs un jeune effilait en pointe à l’une des extrémités une longue branche destinée d’évidence à embrocher quelque gibier. A cette idée, mon ventre gargouilla. Dans mon empressement, j’avais oublié d’emmener de quoi me nourrir et la faim commençait à se faire sentir. L’expérience servant de leçon, je me promis de ne pas m’y faire reprendre de sitôt. En attendant, je croquais un gros Bigh’mak (un scolopendre) bien gras, ayant eut la bonne idée de passer par là et ce faisant je ne quittais pas des yeux les dispositions festives de nos ennemis. Lorsque le soleil se fit dévorer par la mère terre, des mo’ches tout peinturlurés portant de longues coiffures, s’assirent en demi cercle disposant devant eux des troncs d’arbres. Les autres, de toute évidence, très excités, se déployèrent autour du feu et se mirent à onduler. Ceux assis, commencèrent à taper en cadence sur les troncs évidés provoquant un grondement comme  celui du ciel lorsqu’il se met en colère. Plus ils faisaient de bruit plus les danseurs gesticulaient tapageusement, puis soudainement, leur sorcier facilement identifiable par son apparence fantastique, sauta au milieu du groupe et huhula un long discourt en désignant la th’ôl. Les Sal’kons prisonniers comprenant que cela ne présageait rien de bon se tassèrent au fond. Quelques mo’ches, dont certains étaient armés de lances empointées de kaï’hass pointues, semblables en tout point aux notres, se dirigèrent vers la tô’hl et en extirpèrent deux guerriers parmi les plus mal en point. En fait comme à leur habitude, leurs congénères les sacrifièrent, afin de se préserver de ce que j’avais pressentis depuis déjà quelques instants. Les mô’ches allaient les immoler à leurs dieux barbares. Ce n’étaient après tout, qu’un juste retour des chose puisque dans le cas contraire c’est exactement le sort que les Sal’kons leur auraient réservés. Nos ancêtres en faisaient autant au temps de Mal’ôtru le père de Mal’hin, bien avant l’époque de Rok’ho. Notre ancien sorcier, Ka’lot était partisan de reprendre cette vieille coutume, mais vous savez déjà ce qu’il est advenu de ce vieux  H‘kon. Je m’attendais à assister à un massacre et m’apprêtais à retourner à la ché’lem faire mon rapport. Mais n’ayant jamais vu de sacrifice, j’avoue ne pas m’être trop pressé. Le premier Sal’kon attaché au sol, bras et jambes écartées hurla d’une façon horrible lorsque le sorcier lui trancha le Bâ’zarh (littéralement : la trompe à prunes) puis le cri s’éteignit, au moment où l’ayant éventré, il le vida. Deux femelles emportèrent les viscères dans des gam’els (des poteries dont le clan de Rahal faisaient autrefois le troc avec les Bo’hos ce qui explique que Rok connaisse ces ustensiles). Ensuite deux autres mo’ches enfilèrent la perche effilée dans les orifices naturels du Sal’kon et le placèrent au dessus du feu. Une odeur de chair carbonisée s’éleva et parvint jusqu'à mes narines. Je trouvais, leurs pratiques religieuses des plus complexes. Chez nous une ou deux poignée de shi’th sur les braises et le tour est joué, nous inhalons la fumée qui fait rire. Jamais le terme de sauvage ne m’avait semblé plus approprié pour désigner les Mo’ches. La lune était montée haut dans le ciel lorsqu’ils firent subir le même sort au second prisonnier, lequel jusqu’alors, ils s’étaient contenté de torturer. A la vue de ce qui suivi, je fut pris d’une frayeur sans nom, tremblant de tout mes membres refusant de m’obéir, je m’efforçais de reculer de dessous mon buisson. Dés que je le pus je me redressais et m’enfuyais aussi vite que mes jambes pouvaient courir et je ne suis pas certain que Téjé’Vhé (la gazelle) aurait pu me rattraper. Ra’kaye venait de renaître au sein du groupe des chasseur ; aussi était-il de garde cette nuit là. Assis jambes croisées sur un rocher, il se débarrassait consciencieusement le Bâ’zarh d’une nombreuse vermine envahissante, hérité à la suites d’une promenade très instructive avec l’une des épouses de Coh’loss, un de nos chasseur. Ayant chopé un ôm’har (morpion) entre deux doigts, il entreprit de le suçoter goulûment avant d’en jeter  les restes d’une pichenette et de se remettre à la recherche du suivant. En tant que garde, il avait la responsabilité de réveiller Rok’hi en cas d’alerte. Pourtant, faisant fi des procédures, je Passais devant lui avant qu’il ait pu réagir et fonçant vers ses quartiers, je secouais mon père. Mis au courrant de mes péripéties et les ayant digéré, il résolu de réveiller Rok’ho ronflant bruyamment entre ses trois épouses. Nous nous isolâmes dans un coin, où après avoir allumé un petit feu, je dû raconter une nouvelle fois par le détail ce que j’avais vu. Les mo’ches ne se contentaient pas de torturer et de sacrifier leurs prisonniers, ensuite ils les dévoraient. Pour une fois les mo’ches étaient des bo !

Dès le lendemain Rok’ho réunit les principaux piliers du groupe, mon père, Tur’lhu, Châ’bal, Kur’taï, Pu’th, moi-même et quelques autres afin de leur expliquer la situation. Jamais une pareille menace n’avait planée sur notre mode de vie. Ce clan était composé d’hommes fauves des Bo’ches et il était à craindre qu’ils ne se contentent pas d’attaquer les Sal’kons, il fallait s’attendre à ce que notre clan subisse tôt ou tard l’offensive de ces monstres. Pu’th affirma avoir entendu parler de ce culte lors de ses pérégrinations. S’il s’agissait bien de ce Dieu il s’appelait Petit serpent, dans notre langue, Na’zhi. Ses adorateurs le clan des Zadolfs  (pour nous les Bo’ches) étaient des nomades. Ils s établissaient dans une région et n’en repartaient qu’une fois les ressources épuisées. Etant bien entendu que cette fois, les ressources c’était nous.  Cette révélation était trop importante pour être traitée au sein de la tribu du lion pour, la première fois de mémoire de Der’talhs, les chefs des différents clans allaient devoir se rencontrer. Tur’lhu allait avancer son voyage chez les Péh’tétés et transmettre ce message d’alerte à leur chef ainsi que des présents et une invitation à venir voir Rok’ho pour la prochaine lune. Des chasseurs furent eux aussi délégués auprès des chefs de clans que nous connaissions avec mission de les persuader de se rendre avec quatre de leurs meilleurs guerriers en haut de la Ghé’sèt (montagne) pour une réunion des chef au sommet. Tur’lhu trouva l’idée excellente mais demanda  qu’avant de partir il ait la possibilité d’aller voir ces Bo’ches de plus prêt. Tout d’abord Rok’ho refusa. Tur’lhu était trop précieux dans ces circonstances de guerre imminente. Puis devant l’insistance de celui-ci il fini par céder, à la condition que je l’accompagne escorté de Châ’bal et Rok’hi. La perspective de retourner chez ses sauvages ne m’emballait pas mais je ne fait pas partie de la tribu des Démok’grat (ancienne tribu de Der’thal, décimée par les sal’kons bien avant ma naissance alors que leur chef, le fameux DémoK’assis, restait passif, et que les autres chasseurs tournaient en rond) et la parole de Rok’ho est loi. Dés que le soleil entama sa descente vers la gueule ouverte de notre mère la terre, nous partîmes, bien armés, sur la piste des Bo’ches. La discrétion n’étant pas la qualité majeur des deux grands guerriers, arrivés à proximité je leur conseillaient de se mettre en plan’kh (technique de camouflage) pendant que Tur’lhu et moi nous nous glissions sous les fourrés m’ayant servi la veille de cachette. Rien ne semblait trahir les détestables us et coutume des Zadolfs. Les femelles allaient et venaient dans le camps, des enfants jouaient et quelques chasseurs taillaient un tronc dans je ne sais quel intention. Soudain mes poils se dressèrent sur ma nuque l’un des enfants se mit à piailler dans leur idiome inconnu en indiquant notre direction. Etait-il possible que ce petit monstre nous ait repéré ? Heureusement non ! Un sal’kon avait réussi à s’échapper et tentait de gagner l’abris de la forêt ; se sachant découvert il se mit debout et couru dans notre direction, alors que des bo’ches sortaient de leur hu’tt.  Juste à l’instant où il allait se jeter dans les fourrés nous servant d’abris, il nous aperçu et opérant un virage à 90° il reparti dans l’autre sens, soutenu dans sa fuite par les cris d’encouragement des autres prisonniers. Nous ne comprenions pas pourquoi mais les Bo’ches ne semblaient pas excessivement contrarié par la tentative de fuite du Sal’kon, c’est à peine si ils le poursuivaient. Soudain un des guerriers sortit de la hu’tt mit la main dans une sorte de renflement de fourrure qu’il portait au côté et recommença à faire tourner son bras. Trop tard, le Sal’kon venait de disparaître sous les frondaisons de la forêt. Calmement le bo’che cria un ordre bref en direction de l’un de ses congénères, grattant l’un des troncs sur lesquels ils tapaient la veille au soir. Un son résonna alors, néanmoins tout à fait différent de celui que j’avais entendu précédemment. Puis, alors qu’ils n’avaient presque pas réagis jusque là, les guerriers poussèrent des cris et coururent sur les traces du fuyard. Tur’lhu me souffla alors dans l’oreille qu’en fait tout cela était prévu d’avance. Contrairement à l’évidence, le Sal’kon ne s’était pas enfuit, les Bo’ches s’étaient débrouillés pour le laisser filer afin certainement de s’amuser à le chasser à moins qu’il ne s’agisse d’un entraînement. En fait comme nous l’apprîmes plus tard il était question de tester les plus jeunes dans une sorte de chasse à l’homme, c’était l’équivalent barbare de notre renaissance du passage de l’enfance à l’age adulte. En effet deux jeunes Zadolfs, ramenèrent le fuyard, sous les vivats de la horde, prélude à une nouvelle explosion de violence comme celle à laquelle j’avais assisté hier. Nous nous éclipsâmes vivement et retrouvâmes nos gardes lesquels avaient une surprise de taille. Profitant de son inexpérience, Châ’bal avait attrapé un jeune chasseur Bo’che et lui avait brisé l’échine comme au premier kon’har venu. A l’instant de notre arrivée Rok’ho et son co-équipier étaient lancé dans une discussion animé dont le sujet était quoi faire du cadavre. Châ’bal voulait le suspendre la tête en bas à une branche en guise d’avertissement, alors que mon père était plutôt partisan de le déposer au pied d’un arbre pour donner l’impression que le maladroit avait fait une mauvaise chute et s’était rompu le dos. Les laissant à leur controverse Tur’lhu fouilla le mort et trouva sur lui une étrange lanière de cuir et quelques petits kaï’hass ronds et doux du genre que l’on trouve dans le lit de l’eau qui courre (la rivière). Il confisqua le tout et proposa d’accrocher le mak’hab (le sans vie)de façon à ce que l’on puisse penser, soit qu’il était tombé, soit qu’il avait été mis là intentionnellement comme cette solution contentait les deux chasseurs, ils l’acceptèrent et nous nous débinâmes juste à temps. La disparition du jeune Bo’che venait d’être remarquée et les cris de ses compagnons commençaient à ce faire entendre. Ils ne tarderaient pas à se mettre activement à sa recherche et s’ils trouvaient sa dépouille avant la nuit tombée, ils pourraient remarquer également les traces de notre passage et additionner un plus un. Une fois rentrés, nous dûmes comme je l’avais fais auparavant faire notre rapport. Tur’lhu ressortit les petites  kaï’hass et la lanière de cuir dérobés sur le cadavre du jeune Bo’che et nous en expliqua le maniement. Selon lui, il fallait placer une petite pierre au milieu de la lanière et faire tourner celle-ci aussi vite que possible puis en lâcher une extrémité. Tout en nous expliquant son idée il exécutait ses propres consigne et visant une peau sur un rocher assez proche de nous, il libéra la kaï’hass. Contrairement à ses prévisions celle-ci partie dans une toute autre direction et un cri retentit au fond de la ché’lem. C’était Pad’cuh’lot. Elle déboula du fin fond de la grotte, se frottant le haut de la cuisse en beuglant au Lan’dru (assassin). Tous les chasseurs présents ne détachaient pas leurs yeux de la pauvre Pad’cuh’lot, pour la bonne raison et il n’en est pas de meilleures qu’elle était nue. Montrant le plafond elle affirmait que la ché’lem nos tombait sur la Caf’thi’herr. Rok’ho ordonna à quelques femmes de la revêtir d’une pelisse et de l’emmener dans ses quartiers afin de se reposer, , puis il ajouta qu’il irait s’enquérir de sa santé plus tard. Tur’lhu admit que sa maîtrise de l’arme nouvelle n’était certes pas au point, mais que son efficacité n’était pas à prouver. Je demandais à essayer et à mon tour je tirais un projectile cette fois en direction de l’endroit d’où venait Pad’cuh’lot. Je fit siffler la lanière et lançait la kaï’hass avec force. Un nouveau cri retenti mais cette fois ci, allez savoir pourquoi, personne ne vint se plaindre. Toutefois le lendemain Ra’kaye exhibait une grosse bosse sur le front, il s’était cogné pendant la nuit selon lui… Continuant son exposé, Tur’lhu affirma aussi que les sons produits en tapant sur des troncs creux pouvaient facilement faire office de langage. Il comptait bien en parler avec ses cousins Esse et Fère de la tribu des Péh’tétés. Ces derniers ayant déjà élaboré un système de signes pour prévoir l’arrivé de la mauvaise saison, pourraient peut-être l’aider dans l’accomplissement de ce code sonore. Il y a peu, Rok’ho lui aurait tanné la peau pour avoir débité de telles sornettes, mais il fallais voir les choses en face ces Bo’ches savaient communiquer de cette façon et il fallait que nous en fassions autant. Le lendemain il décida des trois guerriers allaient accompagner Tur’lhu et Na’zbr’Rok, Châ’bal, Co’loss et moi-même. Pour la première fois j’allais visiter le monde plus loin que les frontières du clan des vieux lions.

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Jeudi 17 Septembre 20091 commentaire(s)
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